samedi 31 octobre 2020

LAIBACH "Bremenmarch Live at Schlachthof 12.10.1987" (MIG-Music/Radio B) – 18 septembre 2020


C’est rare qu’un groupe de rock sorte officiellement un album live (c’est plutôt du domaine du bootleg), de plus pour un concert qui date de plus de 30 ans. C’est pourtant ce que vient de faire le groupe Laibach, avec la publication du disque vinyle (avec en bonus le CD), d’un concert à Brême daté du 12 octobre 1987. L’explication de cette sortie est racontée au dos du vinyle. Voici en partie la traduction : « L’enregistrement actuel du concert de Laibach à Brême le 12 octobre 1987 doit être placé dans un contexte plus large afin de comprendre l’importance de ce document historique. 1987 a été l’une des années les plus intenses pour Laibach dans la première décennie de son existence. Cette année-là, après une interdiction de près de cinq ans en Yougoslavie – pendant laquelle elle devait opérer illégalement – le groupe a été légalisé à nouveau, et en février, ils ont d’abord donné un « concert de retour » à guichets fermés à Ljubljana, et peu après ont fait une tournée européenne avec 40 concerts, dont un concert à Brême dans la seconde moitié de la tournée. »

La tournée européenne d’où est extrait ce concert, couvre la sortie de l’album Opus Dei, avec la célèbre reprise Life Is Life d’Opus. Soit la belle époque martiale et indus de Laibach, qu’on retrouve bien illustré sur la pochette et surtout avec la musique. Depuis quelques années, la musique de Laibach est moins industrielle. Elle frôle même par instant le kitsch du concours de l'Eurovision, du moins avec l'apport de la voix féminine. En 1987, la voix était exclusivement grave et masculine et les rythmes étaient proche de la marche militaire en rang serré. Par contre ce qui n'a pas changé, est le soin du groupe pour les représentations live, qui sont toujours intenses, très visuels, proche de la performance et du spectacle vivant.

Au début de ma chronique je signale qu’il est rare pour un groupe d’éditer un live dans sa discographie, mais pour Laibach, cela c’est déjà produit de nombreuses fois, avec Through The Occupied Netherlands, M.B. December 21, 1984, The Occupied Europe Tour 1985, Occupied Europe Nato Tour 1994-95 et dans le luxueux coffret Geramtkunstwerk Dokument 81-86.

Quand on dit enregistrement d’un concert, on a toujours peur du résultat final gravé sur le support. Avec Laibach, habitué à l’exercice, vu le nombre de live qu’ils ont publiés, on peut dire que le rendu sonore de ce concert est une réussite. Pas de souffle, pas de baisse de son, il y a eu un bon travail de restauration pour retrouver l’intensité des concerts de cette période du groupe. Le vinyle contient 9 morceaux et le CD 14 morceaux. Bref un live indispensable pour les fans du groupe, notamment dans l’attente d’un nouvel album, le précédent The Sound Of Music date de 2018.

http://www.laibach.org/

https://www.facebook.com/laibachwtcshop/

https://www.discogs.com/fr/Laibach-Bremenmarsch-Live-At-Schlachthof-12101987/release/15949453




 

Je profite de cette sortie, pour republier ma chronique du précédent album Sound Of Music sortie le 23 novembre 2018.


Depuis le début de sa carrière en 1980, le groupe indus Laibach a la particularité de reprendre à son compte des thèmes et tubes de la culture pop. Ainsi après Live is Life (Opus) en 1987, Let It Be (The Beatles), Sympathy For The Devil (The Rolling Stones) en 1988, Macbeth (Shakespeare) en 1990, Final Countdown (Europe) et Alle Gegen Alle (DAF) en 1994, les hymnes nationaux sur Volk en 2006, pour clore l’année 2018, Laibach propose une relecture personnelle de la comédie musicale américaine The Sound Of Music (La mélodie du Bonheur en France). Lors de leur tournée en 2015, Laibach a joué à deux reprises l’album en Corée du Nord. La pochette du vinyle et le livret du CD donne un aperçu graphique de l’influence de la Corée du Nord pour ce projet atypique qui a fait son buzz en 2015. Si dans le mix: son électro dark indus de Laibach mélangé au kitsch de The Sound Of Music, il y a en commun les longs chants de pâturages (l’histoire se passe en Autriche et Laibach vient de la Slovénie, pays voisin), la réappropriation de la musique de film "désuet" et "familiale" est assez étonnant. Mais venant de la part de ce groupe hors norme qui aime un peu la provoc, ce n’est pas étonnant. Si l’album risque de dérouter les fans de la comédie musicale, par contre du coté fans de Laibach, pas de détachement. On retrouve bien le style indus sombre et flamboyant, notamment grâce à la voix grave de Milan Fras, avec malgré tout une touche de kitch dans les voix des invités, mais ce style qui frôle l’esprit de l’Eurovision et la variété fait depuis ces dernières années partie du son Laibach. Bref grandeur, lyrisme et martialité sont au programme de The Sound Of Music version Laibach en visite en Corée du Nord. Esprit trop sérieux, s’abstenir !





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