mercredi 31 août 2022

DUNGEN : Le nouvel album "En Är För Mycket och Tusen Aldrig Nog" sera disponible à partir du 7 octobre 2022


Le groupe suédois Dungen vient de mettre en ligne deux morceaux extraits du prochain album titré En Är För Mycket och Tusen Aldrig Nog (vous me répéterez ce titre 5 fois sans prendre une pose !). Depuis Häxan leur précédent album studio sortie en 2016, Dungen a publié en 2018,  le magnifique album Myths 003 avec les Woods, en 2020 un live pour les fans et surtout produit et composé deux albums lunaires, Bon Voyage (2018) et Emotional Eternal (2022) pour la magnifique voix de Melody’s Echo Chamber.

Les nouveaux titres Nattens Sista Strimma Ljus et Om Det Finns Något Som Du Vill Fråga Mig (je souhaite du courage aux animateurs radios de France pour énoncer ses titres), évoquent les Beatles période Sgt. Pepper’s et les Beach Boys époque Pet Sounds, pour le style pop baroque à la fois flamboyant et mélodique, avec un joli solo de guitare psyché pour achever Nattens Sista Strimma Ljus et nous faire encore plus avoir envie d’en écouter plus. Les textes sont toujours écrits en suédois, soit un bon point pour ne pas entrer dans la norme anglo-saxonne en ce qui concerne la musique psyché rock. L'album, publié sur le label américain Mexican Summer, sera disponible à partir du 7 octobre 2022 avec neuf nouveaux morceaux à la clef.

https://dungen.bandcamp.com/album/en-r-f-r-mycket-och-tusen-aldrig-nog

http://www.dungen-music.com/

https://www.facebook.com/dungenmusic




mardi 30 août 2022

BERTO PISANO "La Novizia" (Four Flies records) – 6 mai 2022


Une fois de plus, le label italien Four Flies Records fait des miracles en retrouvant les bandes originales du film érotique La Novizia, composées, arrangées et dirigées par Berto Pisano (1928-2002). B.O.F. longtemps considérée comme perdue, le travail d’archiviste d’unité public de Four Flies permet de mettre en lumière cette œuvre dans des conditions optimales, car le label a restauré et remastérisé les compos à partir des masters originaux. Pour les amateurs d’easy listening, de livrary music, de jazz lounge et feutré (pour rappel, cette B.O. est destinée à illustrer un film érotique), La Novizia est une petite perle. D’autant que dans les guests, il y a la voix d’Edda Dell’Orso (qui a beaucoup travaillé avec Ennio Morricone dans les années 60 et 70) et le célèbre compositeur Alessandro Alessandroni (qui a également travaillé avec le maestro Morricone), connu aussi pour ses dons de siffleur, notamment pour les westerns de Sergio Leone. C’est justement en tant que siffleur, qu’on trouve ici la présence d’Alessandro Alessandroni.

Synopsis :

"Vittorio (Gino Milli), un beau jeune homme, retourne dans sa Sicile natale à cause de la mauvaise santé de son oncle Don Ninì (Lionel Stander). Il pense le trouver mourant, mais finalement son état n'est pas bien grave. Don Ninì convainc Vittorio de se montrer décontracté avec tous les habitants du village, en particulier entreprenant avec les femmes, afin de démontrer le prestige et la virilité du nom de famille." (Sic !)

Le film La Novizia réalisé par Pier Giorgio Ferretti (1925-1998), est sorti dans les salles italiennes le 5 décembre 1975, soit deux semaines avant de fêter noël en famille et dans les (la ?) salle(s) française(s) le… 7 janvier 1981 sous le titre La novice se dévoile, soit quelques mois avant l’élection de François Mitterrand, avec pour la première fois la gauche au commandement de l’état. Le réalisateur Pier Giorgio Ferretti, qui fut assistant de Joseph Losey et Roberto Rossellini, n’a réalisé qu’une dizaine de films dans le style de la comédie, parfois érotique. L’actrice et chanteuse (elle a fait quelques singles. Par contre elle est absence de la B.O., son style chanson/variété italienne n’a pas dut convaincre Berto Pisano) Italienne Gloria Guida tient le rôle principal de Sœur Immacolata. On a (re)découvert cette actrice lors de la sortie du combo Blu-ray/DVD (Artus Films) du film Avoir Vingt ans (Avere Vent’anni) de Fernando Di Leo. Dans ce magnifique film choc, Gloria Guida tient avec l’actrice Lilli Carati un rôle qui restera dans les mémoires (1). A ces côtés il y a l’acteur américain Lionel Stander (1908-1994), qu’on connait en France pour son rôle du domestique Max dans la série TV Pour l’amour du risque. Comme je n’ai pas vu le film La Novizia, impossible de me faire une idée, mais le synopsis ne présage pas le chef-d’œuvre !

En France, on sait peu de chose sur le compositeur Berto Pisano. Malgré la cinquantaine de partitions pour le cinéma et la télévision, pas de B.O. de films connu dans son œuvre, ce qui explique qu’il ne soit pas dans le top des maestros italiens. Avec son frère Franco, il a commencé comme musicien de jazz en jouant de la contrebasse (son instrument) d’abord dans le Quintetto Aster puis dans le groupe Asternovas, qui accompagnait Fred Buscaglione. Mais l’élément qui va le plus retenir notre attention, il a été auteur et arrangeur pour les chansons d’Edda Dell’Orso, la voix en or pour les B.O. de films italiens. Ce n’est pas compliqué, même sur une compo faible, l’apparition d’Edda Dell’Orso est une divinité auditive à faire tomber tout ce qu’il y a de vivant sur cette terre de plus en plus maltraité par l’homme. Parmi les compositions de Berto Pisano, notons le morceau A Blue Shadow pour Romolo Grano inclus sur la B.O. du téléfilm italien Ho Incontrato Un'ombra (1974), qui a eu du succès au hit- parade italien.


Si le film La Novizia est invisible des écrans (pas d’éditions vidéo en France), nous avons grâce à Four Flies Records la chance de pouvoir écouter sa B.O. Si la version vinyle permet d’apprécier la belle pochette et le son vinyle pour les puristes audiophiles, la version CD permet de son coter, d’écouter 21 morceaux (avec 9 variantes des compos) au lieu de 12 morceaux gravés sur la galette noire. Comme je l’écris plus haut, cette B.O. est un petit joyau pour l’amateur de musique easy listening teinté de jazz, mais aussi de psyché pop avec le magnifique Night Blues joué à l’orgue Hammond par Antonello Vannucchi et porté par la trompette de Oscar Valdambruni et le trombone de Dino Piasa. Si vous êtes un amateur des musiques sixties de Quincy Jones, vous allez fondre par ce morceau 100% groove, idéale pour réussir vos apéros entres-ami(e)s. L’ambiance sonore est évidemment sexy et feutré, tout un gardant un pied humide pour se balader sur la plage, si possible en charmante compagnie. Le sifflement d’Alessandro Alessandroni et la voix de velours d’Edda Dell’Orso ne font que rendre la partition de Berto Pisano, -avec l’image de Gloria Guida en nonne- encore plus belle. A écouter sans modération !


(1): Ma chronique du combo Avoir Vingt ans ici : https://paskallarsen.blogspot.com/2021/05/avoir-20-ans-de-fernando-di-leo-artus.html

https://fourfliesrecords.bandcamp.com/album/la-novizia

https://www.fourfliesrecords.com/




lundi 29 août 2022

LALO SCHIFRIN "Music from the motion picture Bullitt" (Warner Bros/Speakers Corner records) – 6 octobre 2017


MES DISQUES A EMPORTER SUR UNE ILE DÉSERTE: Chronique n°27

Le film Bullitt réalisé en 1968 par Peter Yates est sorti en France sur les écrans de cinéma le 10 mars 1969. Comme de nombreux gamins des années 70, j’ai découverts ce film à la télévision, surement sur FR3, avec en guise de générique pour annoncer la séance de cinéma, les yeux des acteurs et actrices qui défilent sur la musique Les étoiles du cinéma de Francis Lai (1975). Bullitt est devenu un classique du cinéma américain, grâce à la performance de Steve McQueen qui joue le rôle du lieutenant Frank Bullitt avec une classe qui va marquer les sixties pour toujours. Son look (reprit régulièrement dans les pubs des marques de luxe) et sa voiture, une Ford Mustang GT Fastback de 1968 de couleur verte, sont entrées dans l’histoire de la pop culture, au même titre que la Ford Torino rouge de 1975 de la série Starsky et Hutch ou les voitures de la franchise James Bond l’agent 007.

Autre élément qui a rendu célèbre le film Bullitt, c’est la B.O. réalisée par le compositeur Argentin Lalo Schifrin. La scène de course poursuite dans les rues vallonnés de San Francisco est entré dans l’histoire de la mise en scène, d’autant que la musique est présente juste avant cette scène devenu culte, et absente pendant toute de poursuite des voitures, alors que dans la tête du spectateur, on a l’impression qu’elle est présente. Lalo Schifrin se plait à le raconter : "Le morceau Shifting Gears correspond à la séquence de la filature, mais pas à la course-poursuite qui lui succède et qui finit par le crash de la voiture noire dans la station-service. Selon moi, c’était inutile car il allait y avoir beaucoup d’effets sonores, des bruits concrets comme ceux des moteurs de la Mustang et de la Dodge. J’ai écrit la musique de la filature dans un tempo lent favorisant l’expression du suspense. La tension monte, monte… Quand Steve McQueen enclenche la vitesse, après s’être retrouvé derrière la voiture qu’il filait, la poursuite commence. C’est là que j’ai choisi d’interrompre la musique" (1). Ou encore mieux: "Il est courant que les gens me félicitent pour la musique qui accompagne la poursuite en voiture dans les rues de San Francisco. Je n’ai rien fait !". Choix judicieux de la part du compositeur, qui a réussi à imposer sa vision au réalisateur Peter Yates qui avait prévu une musique avec un orchestre.

J’ai découverts l’intégralité de B.O. de Bullitt sur un CD acheté dans les années 90. Mais j’ai redécouverts ce classique en 2017, lors de la réédition en vinyle sur le label allemand Spearkers Corner Records, spécialisé dans la réédition d’album de jazz en qualité de luxe. Leurs pressages vinyles est de haute qualité, ce qui permet d’entendre chaque son, chaque subtilité des compositions. C’est plaisant de savoir que cette B.O. fait aussi partie de la musique jazz. Il ne faut pas oublier qu’avant d’être compositeur de musiques de films, Lalo Schifrin, muni d’un bagage en musique classique, est un pianiste, compositeur de jazz qui a débuté à Paris dans les années 50 pour le label d’Eddy Barclay, puis RCA France, puis à partir de 1960, pianiste de Dizzy Gillespie, avec notamment l’album Gillespiana (1960) avec Candido aux congas, devenue un classique du jazz, avec une touche lounge et latino. Ambiance feutrée et film noir garantie !

La particularité de la B.O. de Bullitt est le mélange des styles en pleine harmonie, soit un mariage heureux entre le jazz, la musique bossa, la pop music, le funk, le tout avec des rythmes groove au velours sonore très soigné. Le morceau Hotel Daniels, dans l’esprit des compos sixties de Quincy Jones, est à ce titre une totale réussite. Ce titre pulse à chaud, à donner envie de partir en route pour profiter de la vie, bien loin du travail dans un bureau. Juste après, le morceau The Altermath of love est une pure douceur easy listening qui nous ramène au son velouté des sixties. Inutile de passer tous les morceaux en revue, tant l’enchainement des 12  morceaux est parfait et nous permet de passer d’une ambiance à une autre avec une facilité déroutante. Du point de vue instrumentation, cette partition est très riche, on est ici dans la forme orchestre qui rencontre un groupe pop, sous la lumière psychédélique d’un club de jazz. Les cuivres et cordes se marient à merveille, avec le rythme de la basse funky et de la flûte en liberté. Il n’est pas étonnant qu’avec une telle maitrise du tempo, que cette B.O. passe les décennies avec une facilité déconcertante et fait partie des meilleurs B.O. de films, tout style confondu.

Après avoir découverts le film Bullitt à la télévision, revu en DVD, j’ai enfin vu Bullitt au cinéma dans des conditions trois étoiles. Cela s’est passé le mercredi 9 novembre 2017 à Paris, à la Cinémathèque française, lors de la rétrospective Lalo Schifrin, un homme-orchestre. La projection de Bullitt s’est passée dans la grande salle, suivie d’un dialogue musical avec Lalo Schifrin, animé par Stéphane Lerouge et Bernard Benoliel. Bullitt sur grand écran, c’est quand même quelque chose. Avant cette belle soirée qui c'est achevé avec quelques morceaux célèbres du maestro au piano, Lalo Schifrin c’est prêté au rituel des dédicaces, notamment pour la sortie du coffret CD The Sound of Lalo Schifrin (Universal Music). Bon il est temps de sortir ma Ford Mustang de 1968... format jouet !

Séance de dédicaces à la librairie de La Cinémathèque le 9 novembre 2017 @ Véronique A.

Interview avec Stéphane Lerouge et Bernard Benoliel @ Véronique A.

Lalo Schifrin au piano à La Cinémathèque Française le 9 novembre 2017 @ Véronique A.


(1): Propos de Lalo Schifrin, page 98, extrait du livre Lalo Schifrin, entretiens avec Georges Michel aux éditions Rouge Profond (2005).

https://www.speakerscornerrecords.com/products/details/1777/lalo-schifrin-bullitt-ost?sort=release-date%7Cdesc&display=grid

https://www.cinematheque.fr/cycle/lalo-schifrin-352.html