vendredi 10 juin 2022

TESS PARKS "And Those Who Were Seen Dancing" (Fuzz Club) – 20 mai 2022


La pochette du 2ème album solo de Tess Parks (entre ses deux albums solos, il y en a eu deux avec Anton Newcombe) est une photo en noir et blanc stylé Studio Harcourt qui montre Tess Parks habillée en tenue de danseuse, en rapport au titre, mais aussi en hommage à sa grand-mère Norma. Sur la page Facebook de Tess, il y a deux photos de sa grand-mère en tenue de danseuse daté de 1934. Au mois de février dernier, on a découverts le premier extrait de ce nouvel album, le morceau Happy Birthday Forever, qui montre un cours de danse avec des enfants. Ce morceau annonçais un bel album, pas d’inquiétude, And Those Who Were Seen Dancing est parfais. Certes on est dans la continuité des précédents disques, pas de chamboulement dans le style de musique, mais justement son style psyché folk, légèrement gothique est impeccable. Sa voix grave, posée, proche du parler est un croisement entre la poétesse Patti Smith et la mystérieuse maladivement timide, Hope Sandoval.

Une peinture de Tess Parks

Dès le titre d’ouverture Wow, on est capté par la grâce vocale de Tess Parks, mise en valeur par la musique solennel joué au piano, -proche de Leonard Cohen-, qui monte en puissance au fil des minutes par son rythme entêtant. Il y a là du Rolling Stones époque Exile On Main St, avec ce son psyché blues choral qui fera la renommée de Primal Scream, Spiritualized et The Brian Jonestown Massacre. Les textes de cet album viennent de loin, car c’est un assemblage d’écris que Tess traine depuis son adolescence, des textes qu’elle n’arrivait pas à finir, à leur donner un sens. Comme elle désire faire le ménage dans ses souvenirs, elle qui prend des photos à tout moment pour archiver, garder une trace de son quotidien, après une année sans musique consacrée à la peinture, elle a retrouvée l’inspiration pour achever ses textes et musiques qui trainaient dans ses tiroirs, réglant ainsi les ruptures avec ses premiers amours. Le résultat donne un album poignant, poétique, remplis d’adrénaline, telle une militante prête à faire un débat télévisé, par exemple pour discuter au sujet du morceau Brexit At Tiffany’s. Là, impossible de ne pas penser au Patti Smith Group. A l’intérieur de la pochette du disque, il y a des inscriptions (God, I Can Hear The Music, Good Morning Glory), des dessins, photos, collages entre le journal intime et affiches école flower power. Parmi les photos, il y en a une où l’on voit un tournesol. Sachant que l’Ukraine, le pays producteur de tournesol est actuellement en guerre face à l’envahisseur Russe, on se dit qu’involontairement cette fleur qui peut symboliser la paix, se retrouve mêlé à la guerre. Mais gardons le côté paix à l’écoute de ce bel album intime, au plus près de l’artiste, tant son blues, ses « chansons idiotes d’une fille de dix-neuf ans » (extrait de ses propos dans une interview publié dans Rock & Folk n°658, juin 2022) nous parle, nous émeus. Tess, tu es la grande sœur qu’on aimerais avoir !


Tess Parks sera en concert à La Maroquinerie à Paris le 15 septembre 2022.

Tess Parks assise sur l’œuvre de Leonard Knight (Salvation Mountain, désert du Colorado)

Ici la chronique du concert de Tess Parks avec Anton Newcombe à La Maroquinerie le 21 juillet 2015 : https://paskallarsen.blogspot.com/2020/09/tess-parks-anton-newcombe-la.html

https://tessparks.bandcamp.com/album/and-those-who-were-seen-dancing

https://www.facebook.com/tessparksmusic

https://www.tessparks.com/






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