Et hop !, voici mon 1000ème post sur mon blog,
qui existe depuis le 24 mai 2020. Au lieu de chercher un sujet, j’ai trouvé que
cette photo de Mark E. Smith illustre
bien l’essentiel de ce que je veux dire ou ne pas dire.
Je suis près, je n’ai plus qu’à me pencher sur le 1001ème
post !
Aller un petit dernier, car là aussi la photo est top:
En 1978, année de la sortie de Ages, son 4ème album
solo, Edgar Froese, âgé de 34 ans, a
déjà derrière lui 10 albums impériales avec le groupe Tangerine Dream, soit un total de 14 albums depuis la création de Tangerine Dream en 1967, le tout en seulement 11 années
derrières les synthétiseurs qui prennent, comme le matériel informatique, la
place de plusieurs salons. Déjà avant d’écouter une première note de ce double album
vinyle, la pochette montre en gros plan le visage d’Edgar Froese qui nous fixe d’un regard matinal, à peine sortie du
lit ou celui suivi d’une longue séance d’enregistrement ou de répétition. C’est
la première, mais aussi la dernière fois où on le voit sur le recto d’une
pochette de disque. S’il se montre ici à découverts, les yeux dans les yeux,
c’est qu’il doit surement être contend de son travail sur ce nouvel album qui
sort au mois de janvier 1978. A noter que seulement deux mois plus tard, Tangerine Dream va publier le
magnifique album Cyclone, mais ceci est une autre aventure en compagnie
de Klaus Kieger, Chris Franke et Steve Jolliffe, soit une actualité très chargé pour Edgar Froese en cette année 1978.
Pour ce nouvel album solo, Edgar
Froese a composé neufs instrumentaux à la fois mélodiques, aériens et
spacieux.Ages commence avec Metropolis,un hommage au film de Fritz Lang et s’achève avec Golgotha and the circle closes.
A noter que ce morceau a été supprimé de la version CD publié en 1997, par
manque de place sur le CD. Virgin n’avais apparemment pas les moyens de
faire un double CD. En 2005, Edgar
Froese réenregistre l’album pour une nouvelle sortie CD, avec les morceaux
dans un autre ordre, de durées différentes et la suppression du morceau Childrens
deeper study, avec son beat électro cheap. Par contre pour cette version
CD, le morceau Golgotha and the circle closes réapparait et retrouve sa
place en fin de l’album.Quant à Icarus,
son orthographe en 2005 est Ikarus. Pourquoi tous ses changements ?
Notamment l’ordre des morceaux, leur durée, surement qu’il ne devait pas être
satisfait, jusqu’à la pochette qui n’a plus sa tête en gros plan, mais la photo
du verso du vinyle en version réduite.
Pourtant la version de 1978 n’avais à mon sens pas besoin de ce
relifter, car le voyage sonore de Ages est parfait de bout en bout, du moins
pour l’amateur de musique prog, ambient, planant, synthétique avec une touche B.O. de
films (Era of the slaves aurait pu être sur la B.O. de Sorcerer).
Le morceau Nights of automatic woman (quel magnifique titre, notamment
pour un film Bis) est une petite splendeur cosmique qui nous fait planer parmi
les étoiles. Ce morceau fait plus d’effet que fumer un joint d’herbe.
L’utilisation de la guitare électrique sur certains morceaux, donne une touche
rock qui évite l’album de plonger dans un profond coma ambient. C’est justement
Icarus, le morceau le plus rock de l’album qui se retrouve en ouverture
du CD de 2005, au lieu de Metropolis qui passe de 11 à 5 minutes. Sur la
face three, après Icarus, place à Childreans Deeper study, un
morceau synth-pop avant l’heure. La petite note cheap au synthé, proche du jeu
vidéo ou du générique TV pour enfant, a dut plaire à des groupes ou compositeurs tels que Telex et Jacno. En tout cas, en 2005, ce morceau ne plaisait plus à Edgar Froese car il l’a supprimé du CD
remastérisé.
Il est clair que sur cet album solo, Edgar Froese se permet quelques fantaisies qui n’auraient pas leur
place sur un album de Tangerine Dream.
Il aura fallu trois albums solos bien ancrés dans l’ambient music, pour qu’il
sorte un peu du cadre « plage synthétique » et offrir une musique
solaire et cosmique SF (Metropolis), parfois rock (Icarus), parfois
world (Pizarro and atahuallpa) et toujours ces sonorités synthétiques
qui nous attrape par le bras, pour ne plus nous lâcher. Ce Ages est un
bon cru qui ne vieilli pas, au contraire, en 2022, cet album s’écoute avec beaucoup
de plaisir.