lundi 12 juin 2023

"I WALK THE LINE" de John Frankenheimer (Sidonis-Calysta/Columbia Pictures) – 5 décembre 2020


L’éditeur Sidonis-Calysta a publié en décembre 2020 le combo Blu-ray/DVD + livre de 92 pages (écrit par Olivier Père, plus deux reproductions d’interviews du réalisateur par Bertrand Tavernier et Michel Ciment publiés dans la revue Positif) du film I Walk The Line (Le pays de la violence en VF) réalisé en 1970 par John Frankenheimer (1930-2002). En ce moment, on trouve ce magnifique combo à seulement 15 euros ou 10 euros pour l’opération "3 Blu-ray 30 euros". Le film est en version intégrale restaurée, avec dans les bonus des interviews, commentaires du journaliste Jean-Baptiste Thoret, Thierry Frémaux (délégué général du festival de Cannes et de l’institut Lumière), deux morceaux live de Johnny Cash, plus la pépite pendant l'enregistrement en studio de la B.O. du film.

Affiches américaine et Française du film

I Walk The Line (Je marche droit en VF) est un tube de Johnny Cash (1932-2003) qui date de 1956. Alors jeune marié, il là écrite lors d’une tournée au Texas pour Vivian Liberto qu’il a épousé le 7 août 1954. Pour le film de John Frankeinheimer, il va réenregistrer ce morceau en studio, en regardant les images du film. On voit cette séquence dans les bonus du combo. Les autres morceaux sont des créations originales pour la B.O. A noter que le titre Walk The Line sera également reprit pour le biopic sorti en salle en 2005, consacré à Johnny Cash, interprété par Joaquin Phoenix. Pour rester dans les titres, Le pays de la violence pour le marché français a été trouvé par Bertrand Tavernier (1941-2021), alors attaché de presse et critique de cinéma pour Télérama, Les Cahier du Cinéma, Positif. Son premier film, il le réalisera en 1974 : L’Horloger de Saint-Paul.

Pochette recto-verso du disque vinyle de la BO du film (1971) - CBS

Synopsis :

"Henry Tawes (Gregory Peck) est le shérif de la petite ville de Gainesboro dans le Tennessee. Il s'ennuie dans sa vie, avec sa femme Ellen (Estelle Parsons). Henry rencontre alors la belle Alma McCain (Tuesday Weld), bien plus jeune que lui. Par amour pour la jeune fille, le shérif Henry Tawes va sacrifier non seulement sa famille mais aussi son honneur en transgressant la loi qu'il s'était jusque-là juré de défendre. Carl McCain (Ralph Meeker) le père d'Alma est ainsi un distillateur d'alcool poursuivi par un agent de l'État."

Affiche italienne du film

En 1970, John Frankeinheimer qui a fait ses armes à la télévision dans les années 50, a derrière lui quelques beaux succès sur le grand écran : L’ange de la violence avec Warren Beatty (1962), Le prisonnier d’Alcatraz (1962) et Le Train (1964) avec Burt Lancaster, Grand Prix avec Yves Montand (1966), L’opération diabolique avec Rock Hudson (1966). I Walk The Line succède à Les Parachutistes arrivent, un film avec un casting de choc : Burt Lancaster, Deborah Kerr, Gene Hackman, Scott Wilson. Justement c’est Gene Hackman auquel pense John Frankeinheimer pour tenir le rôle du chérif Henry Tawes, mais le studio de La Columbia, lui impose un acteur oscarisé (Du silence et des ombres en 1963). C’est ainsi le vétéran du cinéma hollywoodien, Gregory Peck (1916-2003) qui va tenir ce rôle. A l’inverse de ses films à succès de John Frankeinheimer sorties dans les années 60, I Walk The Line est a classer dans le registre "film d’auteur", car ici, à l'inverse de l'action tape à l'oeil, la psychologie des personnages est en première ligne, tout comme la photographie des habitants anonymes de cette petite ville du Tennessee, qui donnent un aspect documentaire au film.

I Walk The Line a de nombreuses qualités. En un, le jeu d’acteur entre Gregory Peck alors âgé de 54 ans et la jeune et pétillante Tuesday Weld âgée de 27 ans, est émouvant et réserve de nombreuses surprises. Le semblant d’innocence du personnage féminin, emporte le spectateur sur des chemins non balisés. Est-elle amoureuse du shérif, où est-ce juste un jeu, pour que le chérif ferme les yeux sur le trafic d'alcool de son père ? En deux, la musique de Johnny Cash. C’est un moteur important pour la mise en scène du film. Ces paroles donnent des éléments complémentaires au scénario adapté du roman An Exile écrit en 1967 par Madison Jones natif de Nashville dans le Tennessee. Son chant, sa musique sont comme un guide qui nous rapproche des habitants, de la vie de cette petite ville américaine en ce début des années 70. En trois, la mise en scène, la photographie, le cinémascope qui montre l’étendu des paysages à la fois magnifique et triste, On ressent l’ennui de ses habitants qui ne peuvent pas faire grand-chose, à part travailler pour gagner quelques malheureux dollars à la sueur du front. Ici pas de place à l’évasion, au rêve, juste le souci d’arriver a tout payer jusqu'à la fin du mois. Alma McCain qui n’est que de passage dans ce bled paumé est la bouffé d’air, d’évasion pour ce chérif qui a une vie de famille toute rangé, avec sa femme qui lui est toute dévolu, et sa fille qui suivra le même chemin que sa mère en finissant mère au foyer qui prépare le repas du soir pour son mari. Avec Alma, c’est un monde qui s’ouvre, des projets à foison, fini la vie pépère et routinière. C’est du moins ce qu’espère le chérif Henry Tawes.

John Frankenheimer a filmé avec justesse et sensibilité non tapageuse, ni voyeuriste, la vie de cette petite ville. Donnant ainsi avec le temps, une photographie de l’Amérique profonde du début des années 70, bien loin des rednecks beauf du film Délivrance de John Boorman (1972) qui donnera de par son énorme succès, une autre façon de montrer les laisser pour compote de l’Amérique capitaliste, en devenant des sorte de zombie sans foi ni loi, totalement à l’opposé I Walk The Line, un pur film Americana porté par la voix et la musique du grand Johnny Cash. A (re)découvrir au plus vite en HD !

 

https://sidoniscalysta.com/thriller-polar/1363-i-walk-the-line-mediabook-2499-eur.html


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