samedi 20 août 2022

KIBLIND MAGAZINE Numéro 80 "spécial Cover" – Été 2022


Ce n°80 de la revue graphique et gratuite Kiblind est consacré au "cover", dans le double sens du mot anglais : pochette de disque (1) et reprise d’un morceau -souvent connu-, par un artiste. La thématique commence avec la couverture dessinée par Raman Djafari qui rend hommage à la pochette culte du 33 tours With You Were Here de Pink Floyd. Sorti en 1975, ce visuel du 9ème album studio de Pink Floyd est  à base caché dans une pochette en plastique noir. En plus de la couverture, il y a une interview de six pages richement illustrée de Raman Djafari.

Pochette noire qui recouvre la photo où l’on voit les deux hommes se serrer la main

Pochette de "With You Were Here" de Pink Floyd réalisée par Storm Thorgenson (Hipgnosis)

Le dossier coté pochettes de disques, nous parle évidemment de With You Were Here, de Peter Saville du label Factory Records, de Reid Miles du label Blue Note, des pochettes qui ont fait scandale, des pochettes cultes depuis sa création en 1940 par Alex Steinweiss, directeur artistique chez Columbia Records (avant les disques 78 tours étaient emballés dans un vulgaire papier marron), évidemment Andy Warhol le pape ou prince de la pop culture avec les pochettes The Velvet Underground & Nico avec la banane et Skicky Fingers des Rolling Stones avec la braguette. Un article sur l’illustratrice Anne Zeum qui a réalisée la pochette de l’album Forever de Metronomy, sur Keith Rankin qui fait ses dessins pour le support numérique, car il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, après le support physique (vinyle, cassette, CD), le support numérique prend de plus en plus de place. Au lieu de toucher la matière en papier, on touche les écrans de téléphones portables et les ordinateurs. Jean-Baptiste Guillot du label Born Bad Record est quant à lui très attaché au format 33 tours cartonné, et prends soins de "l’emballage" des disques qu’il publie. Parmi les graphistes qui ont réalisés des belles pochettes pour Born Bad, il y a Elzo Durt, Bazooka et Camille Lavaud. Côté pochettes imaginés par un artiste, Kiblind a donné carte blanche à l’illustrateur indonésien Kendra Ahimsa, mieux connu sous le pseudo de Ardneks qui a réalisé pour la revue, huit magnifiques pochettes, mise ici en valeur sur du papier glacé, pour illustrer un titre d’un artiste. La sélection va des Smiths à David Bowie en passant par ABBA et Prince. A noter q'Ardneks a réalisé des pochettes pour les albums de Moon Duo, Shana Cleveland (La Luz) et Flamingods. Toujours côté illustrations, pour rappel c’est le sujet de cette revue, Kiblind a demandé à huit illustrateurs de se pencher chacun sur un morceau d’un label indé choisi par la revue. Le résultat donne huit styles d’univers graphiques.

Pochette "Forever" de Metronomy réalisée par Anne Zeum (2020)

Côté "cover" reprise, Kiblind nous propose un petit jeu pour relier la version originale avec la version française. Cela donne des associations souvent décalées, ainsi Money, Money, Money d’ABBA devient Mon nez, mon nez chez Plastic Bertrand (sic), Hello de Lionel Richie devient Allo avec au bout du fil Mireille Mathieu et un petit dernier pour la fausse route,  attention ça va piquer: Sweet Dreams d’Eurythmics devient chez nous les froggy la Déprime interprétée par Sylvie Vartan. En effet grosse déprime ! Plus intéressant, du moins pour le diggers en herbe, la playlist de Master Phil, ex disc-jockey du Macumba à Paris qui a eu son heure de gloire dans les années 80. Les 10 covers qu’il a choici, mérite à elle seule la lecture de ce numéro. Je vais juste vous en dévoilé deux, le classique yé-yé Twist à Saint-Tropez des Chats Sauvages reprit en 1978 par le trio belge Telex, les Kraftwerk synth-pop belges qui ont la frite. Et histoire de bien pourrir votre journée, car une fois qu’on l’a écouté, impossible de sortir le morceau de sa tête, la reprise de Kiss on my list  de Hall & Oates qui devient à travers la bouche de Sacha Distel le morceau Tu es sur ma liste. Pas mal n’est-ce pas ! Allez une petite dernière, je ne peux pas résister, d’autant qu’on est encore au mois d’août, l’été, la plage et tout le bla-bla, donc Voyage Voyage de Desireless devient Vuela Vuela chez le groupe mexicain d’italo-disco Magneto. Si cela vous plait, c’est possible de rembobiner le morceau.

Également présent au sommaire, une interview de Marilou Duponchel qui nous cause cinéma, un article sur le réalisateur en animation, Alberto Vazquez, une interview de l’affichiste Pierre Vanni, des chroniques de livres, de clip vidéo et idées pour dépenser son argent pour des artistes de talents. Allez, si on se faisait un Voyage Voyage en version mexicaine ?

Ardneks : ABBA "Dancing Queen"

Ardneks : The Smiths "There Is a Light That Never Goes Out"

Ardneks : Aretha Franklin "Respect"

Les artworks d’Ardneks sont disponibles sur le store de Kiblind à 25euros pièce : https://www.kiblind-store.com/collections/ardneks

(1): Quand j’ai commencé mon blog en mai 2020, j’ai mis en ligne un article sur les pochettes de disques qui m’accompagnent depuis que j’en achète, soit il y a bien longtemps : https://paskallarsen.blogspot.com/2020/06/la-pochette-vinyle-une-oeuvre-dart.html

Kiblind Magazine est disponible gratuitement chez les disquaires, salles de concerts et autres lieux sympas. Si vous désirez le recevoir chez vous, c’est possible de s’abonner à 25 euros pour 4 numéros.

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vendredi 19 août 2022

DEATH BELLS "Between Here And Everywhere" (Dais Records/Modulor) – 29 juillet 2022


Formé en 2014 à Sydney en Australie, avec la rencontre entre Maurice Santiago et Will Canning, complété de quatre musiciens, le groupe Death Bells (nom en référence au titre du film coréen Death Bell de Yoon Hong-Seung sorti en 2008) a changé de continent pour se poser aux states à Los Angeles. Au passage, après la sortie du premier album Standing At The Edge Of The World (2017) Maurice Santiago a quitté le groupe, pour faire de la musique sous le nom de Heateyes. Au sein de Death Bells, Will Charming et Remy Viselis sont devenues les leaders et membres stables de la formation. Between Here And Everywhere est leur 3ème album studio. Death Bells compose une musique new wave teintée de cold wave et de dreampop. Pas étonnant avec ce style de musique de les voirs signer sur le label Dais (Coil, Cold Cave, Adult., Tempers, Cindytalk). La voix de Will Charming évoque par moment la voix de Morrissey (The Smith) et la musique a quelques sonorités qui peuvent évoquer The Chameleons, Echo & The Bunnymen, The Sound, Modern English, House Of Love. Dans les groupes plus récents, on peut y voir Soft Moon, Cold Cave, DIIV, KVB, Spectres. Ainsi Death Bells poursuit une certaine esthétique sonore qui a pris naissance au début des années 80, en y apportant sa sensibilité, sa grâce et un savoir-faire artistique implacable. La voix de Will est très belle, souvent mélancolique -on aimerait lui offrir des fleurs-, et la musique est joliment tournée avec ses mélodies et harmonies parfaites. La pochette de Between Here And Everywhere qui peut évoquer Un Homme dans l’Univers de Janko Nilovic (1978) est magnifique, de par son étrangeté (pourquoi ce motard qui tombe ?), son rapport avec la musique new wave qu’on entend dans l’album. Cette pochette a été réalisé par Jordan Madge, mais Will Charming n’a aucune idée sur l’origine de la photo, si elle provient d’une image d’archive ou pas. Peut-être qu’un jour il va recevoir un coup de fil ou un mail du motard en chute libre sur la photo ?

https://deathbellsband.bandcamp.com/

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