samedi 23 juillet 2022

"PHOTODISCOGRAPHIE" de Philippe Levy (Édition Art Book Magazine/Les presse du réel) – Juillet 2022

Les écumeurs de concerts à Paris, connaissent ou ont juste croisé le photographe Philippe Levy, notamment lors du festival Villette Sonique où il écume toute l’affiche avec le  regard affuté (voir le Facebook du festival). On le croise moins souvent en concerts que Robert Gil, dont le style visuel est différent de celui de Philippe Levy. Quand Robert Gil ne s’arrête qu’au groupe, chanteur, chanteuse, sans s’intéresser au public, à l’ambiance de la salle, à croire que le groupe joue devant personne, Philippe Levy à l’œil partout, tant sur scène, dans la salle que dans les loges, donnant ainsi à ses photos de concerts, une belle dynamique, qui le rapproche des photos de Titouan Massé, autre photographe rock. Philippe Levy réalise surtout des photos pour la presse (Best, Magic, Tsugi), pour les pochettes de disques, le dernier en date est l’album El Hombre Invisible de Steven Brown. Parmi les nombreux artistes photographiés pour les médiats, il y a Nirvana, R.E.M., Daft Punk, Étienne Daho, Björk, Sonic Youth, Tricky, Metallica (sa première couv. pour la revue Best)… la liste est longue. En 2005, il a exposé au festival Rock en Scène à Saint-Cloud. En 2016 il a publié la monographie Rock etc. (Art Book Magazine).


Après cette brève présentation, place à son actualité avec la parution du livre Photodiscographie. Durant la pandémie, période avec des métiers essentiels (médecine, alimentation, journalisme) et d’autres pas, comme celui d’être artiste, où de travailler dans le domaine de la culture, Philippe Levy, photographe culturel, égale métier non essentiel, a réalisé entre le 18 septembre 2020 et le 18 mars 2022, une centaine de portraits de personnalités diverses habitant Paris ou de passage, liés à la musique indé (rock, électro), que cela soit des groupes, chanteurs, chanteuses, DJ, gérants de boutiques de disques, boss d’un label, programmateurs de salles de concerts, journalistes, performeurs, graphistes et oiseaux de nuit, privés de sortir, pour cause de pandémie.


Le concept des portraits est simple. La personnalité appelée est invitée à venir dans l’appartement de Philippe Levy, transformé en studio pour une session photo. Le but est de réaliser deux portraits en noir et blanc, le temps de la durée d’un disque choisi par l’invité, dans la belle collection de disques vinyle et CD de Philippe Levy. Après la séance, notre photographe a demandé à l’invité du jour, d’écrire quelques lignes sur le choix du disque, en racontant des anecdotes, souvenirs liés à ce disque.

Photodiscographie est le résultat de ces portraits en noir et blanc. Côté droit du livre, le portrait en pleine page, côté gauche, un autre portrait, plus petit, au centre de la page, avec le texte écris par l’invité.e. Le papier glacé permet aux photos en noir et blanc d’avoir encore plus d’éclat, de bien sentir le travail de Philippe Levy, qui se rapproche de la boutique du photographe de quartier, pour immortaliser un évènement familial. Mais attention chez notre artiste, le trait du visage n'est pas glamour, n'est pas lisse, on voit les marques, les blessures du temps, le regard "vrais", sans fioritures. La mise en page est sobre (comme Philippe !), avec le noir et blanc mis en valeur avec le rose pour donner plus de couleur, de relief. Petit bémol, que le texte soit coupé par la photo du milieu, ainsi pas facile pour la fluidité de la lecture. Dommage que le texte ne soit pas en dessous, dessus ou côté de la photo.

 

Je ne vais pas vous donner la liste des invités qui ont posés, juste quelques noms : Neman et Etienne Jaumet (Zombie Zombie), Cosmo Vitelli, Fabrice Gilbert (Frustration) qui a choisi l’album Nada ! de Death In June, groupe né sur les cendres de Crisis qui ont composés en 1980 un morceau titré… Frustration, Agnès Gayraud (La Féline), Theo Hakola qui a choisi l’album Junkyard de The Birthday Party "pour la joie de ces bruits qui vous tranchent la gorge et vous percutent le cœur et vous donne un coup de fouet quand c’est l’heure d’aller bosser" (page 86). Jean-Baptiste Guillot (Born Bad Records) qui n’a pas choisi un disque de rock, mais un disque de jazz d’un artiste actuel, Thomas de Pourquery, également présent page 96 avec comme choix, l’album Various Positions de Leonard Cohen. Barbara Carlotti qui a justement choisi un disque publié sur Born Bad, French Synth wave St Etienne 1981 de Cha Cha Guitri, dont "leurs chansons, et l’influx électrique et rythmique qui traverse leur musique, ont l’effet d’un shoot de gingembre au réveil ou d’un flash de Dream Machine" (page 90). Éric Still (La Station gare des mines), Quentin Rollet (Bisou Records, Rectangle, Prohibition), Edouardo Henriquez et Caroline Chaspoul (Nova Materia, duo dont Philippe Levy a fait les photos de presse et les pochettes), Laurent Garnier qui a acheté en 1986 une voiture Volkswagen coccinelle à John Maher, le batteur des Buzzcocks d'où le choix de l'album Another Music In A Différent Kitchen

Allez encore quelques noms, Patricia Maincent (Dolkidoki), Bernard Ducayron et Théo Jarrier (Souffle Continu), le tatoué Jean-Luc Verna, Joseph Ghosn (Les Inrockuptibles), Philippe Le Breton (Bars en Trans), Phil Marie (Gibert Disc Saint-Michel) choisi sans surprise un album de son groupe fétiche, Einsturzende Neubauten, mais pas le classique 1/2 Mensch (1985), non le choix se porte sur Haus der Luge (1989) -Phil a même sorti pour la séance photo, un t-shirt avec le célèbre logo du groupe-, Chloé Labaye (ex Beat Mark, groupe noisy pop à redécouvrir !) qui a découvert les Cure "un samedi soir devant le TOP 50 à la télé au son de Lullaby" (page 238). Son choix c’est porté sur l’album Three Imaginary Boys, disque indispensable dans toutes bonnes collections de disques en vinyle, tant pour la musique que pour sa pochette rose (décidément, le rose…) iconique, avec le frigo, l’aspirateur et la lampe qui représentent les trois membres de The Cure en 1979, Robert Smith, Michael Dempsey et Lol Tolhurst.

Avec les portraits photographiques de la centaine d’invité, c’est aussi une centaine de chroniques de disques qui nous donnent une info sur chacun d’eux. Soit un portrait, un témoignage précieux sur un instant donné face au dilemme de ne choisir qu’un disque parmi la vaste collection de Philippe Levy, photographe essentiel.

Les portraits Photodiscographie sont exposés à Arles jusqu’au 28 août 2022 à l’Atelier Voltaire (11 Place Voltaire, 13200 Arles)


https://philippelevyphotographe.com/fr/accueil

https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=9739&menu=0

https://www.instagram.com/philippelevyphoto/?hl=fr


vendredi 22 juillet 2022

MAYFLY présente "Passenger Seat", nouvel extrait de l’album qui sortira en automne 2022.


Allez un petit morceau d’été, avec son ambiance B.O. du film Drive de Nicolas Winding Refn. Le beau Ryan Gosling est remplacé par le duo féminin de charme, Charlie et Emma tout droit débarqués de Montréal au volant d’une voiture. Avec elles, l’électro pop s’écoute la nuit en flânant sous les néons de la ville.


Ci-dessous le texte de présentation extrait du dossier de presse :

Mayfly est un duo montréalais composé d'auteures-compositrices-interprètes, Charlie et Emma. Mayfly sont auto-produites et sont à la tête de tous les aspects artistiques, visuels et créatifs du projet. Elles sont fières de faire avancer leur art en tant que deux jeunes femmes de l'industrie de la musique tentant d'inspirer d’autres femmes comme elles à s'approprier leur place. L'essence de Mayfly est de créer un espace sûr pour que tous les auditeurs puissent s'évader de leur réalité à travers l'univers musical et visuel du duo.
Depuis la sortie de leur premier EP indie-pop "ESSENCE", qui présentait un côté plus vulnérable et innocent du duo, elles passent maintenant à un son plus mature et plus sombre pour leur premier album qui présente un son électro-pop. L’album sortira cet automne sous l'étiquette montréalaise Duprince Records.

https://mayfly.ffm.to/pssngrst

https://www.facebook.com/wearemayfly/


PROJECT GEMINI "The Children of Scorpio" (Mr Bongo) – 20 mai 2022


La semaine dernière, je vous ai présenté le groupe anglais Eleven76, mené par le multi-instrumentiste Paul Elliott. Ce groupe c’est plongé dans le style Library music, B.O. inspirées des films italiens des années 70. On reste en Angleterre dans un style voisin, en légèrement plus funk 70, plus psyché rock avec Project Gemini, qui est le pseudonyme du musicien et producteur londonien Paul Osborne. Bassiste et musicien depuis l’âge de 16 ans, en 2010 avec l’arrivé de son premier enfant, Paul Osborne arrête la scène pour se consacrer uniquement au travail en studio. Fan de Lalo Schifrin, d’Ennio Morricone, notre musicien va se lancer dans la composition de musiques idéalisées pour des B.O.F. imaginaires. Après avoir composé les morceaux dans son coin, il demande à des amis musiciens de l’accompagner pour la composition de son premier album, titré The Children of Scorpio, soit un titre qui collerait bien pour un Giallo italien. Les musiciens qui l’accompagnent sont, le guitariste Barrie Cadogan du groupe Little Barrie, aux synthétiseurs Markey Funk de Group Modular,  le multi instrumentiste Shuzin, ici à la batterie et percussions, à la guitare 12 cordes, le lyonnais (cocorico) Kid Victrola du groupe Gloria et en guest sur un morceau, le guitariste Rob Owen. Quand à Paul Osborne, il chante et il joue d’une multitude d’instruments : basse, guitare fuzz, acoustique, électrique, synthétiseurs, orgue, Mellotron. Il est également à la production et le mix est réalisé par Paul Isherwood du groupe psyché The Soudcarriers.


Le son est évidemment soigné et nous ramène au temps des studios au son analogique qui donne au support vinyle, toute sa force audio, à condition d’avoir une bonne platine et de bonnes enceintes pour profiter au maximum, des arrangements cousus de la main d’un grand styliste. Ici on dira compositeur. Pour le terme de "maestro", on va attendre qu’il y ait plusieurs albums en rayon, mais vu la qualité des arrangements de ce premier opus, le chemin de maestro semble tout tracé pour Paul Osborne. Le sticker qui est collé sur la pochette nous décrit le style de musique qu’on va entendre : A cinematic musical journey that takes in vintage soundtracks, Library music, guitar-heavy funk, acid-folk, ‘60s psych and dusty breaks. C’est un peu racoleur, foute tout comme annonce, mais c’est bien ses styles qu’on va entendre. La basse claque du velours funk urbain sans retenu, la guitare électrique n’est pas avare de solo 70 qui percutent, les synthétiseurs nous déploies un éventail de mélodies cinématographiques qui nous projettent dans un bon Giallo ou polar italien 70, la magnifique voix nous emporte à l’aire du psyché folk hippie, et l’ensemble donne 14 morceaux d’une classe mortel. C’est comme un mix avec les albums Dirty Harry (Lalo Schifrin), Get Carter (Roy Bud), The Summertime Killer (Luis Bacalov), Song Of Innocence (David Axelroad), Vampiros Lesbos (Manfred Hubler & Siegfried Schwab), Sans mobile apparent (Ennio Morricone), Pop Impressions (Janko Nilovic), Pop in Devil’s Train (Jacky Giordano), The Ipcress File (John Barry), Dollars (Quincy Jones), une compilation Blow Up, KPM et Mood Mosaic. On est aussi un peu dans l’esprit de groupes tel que Thievery Corporation, Zero 7, Portishead, Air et plus près de nous avec Sven Wunder, John Carroll Kirby, Trees Speak, Calibro 35 et le duo allemand Mondo Sangue. On arrête la liste, et on se laisse emporter par la musique cinématique du classieuse de Project Gemini.


https://projectgemini.bandcamp.com/album/the-children-of-scorpio

https://www.facebook.com/officialprojectgemini