Amateurs d’art brut, ne rater pas la projection de 5 courts métrages
réalisés par Patrice Velut, consacrés
à des artistes d’art brut et art singulier. Au programme à partir de 15h :
Jaber, L’âne et le boulanger
Adam Nidzgorski, La mère et l’enfant
Marjan, La Lucarne
Didier Benesteau, Passeur d’art
Yvon Taillandier, Le précurseur
Le réalisateur Patrice Velut
et l’artiste Marjan seront présent
pour répondre aux questions des spectateurs. L’entrée est gratuite mais il est
conseillé de réserver au 01 42 58 7289
Présentation du réalisateur Patrice
Velut par Denis Lavaud :
"Adolescent passionné de cinéma Patrice
VELUT réalise des films de famille en Super 8 avant d’être accessoiriste de
plateau au cinéma et à la télévision pour des films de fiction pendant 44 ans. Il
y a une dizaine d’années une anecdote sur le peintre Claude MONET fait naître
en lui une passion pour l’art mais au-delà des œuvres elles-mêmes c’est le
« monde intérieur » des auteur(e)s qui l’intéresse. De découvertes en
rencontres, il film d’abord en caméra vidéo puis avec un IPad. Aujourd’hui
Patrice Velut nous emmène dans l’univers de créateurs/artistes (?) d’art brut …
ou singuliers (??), laissons les spécialistes palabrer sur ces sujets ! Nous
sillonnerons ensuite les routes de la Manche avec un commissaire
d’expositions avant de rendre hommage à un peintre et sculpteur précurseur de
la Figuration Libre. A l’issue de ce moment de partage et d’échanges gardons
l’esprit et l’œil curieux et ouvert."
On a découverts Izzy and the
Black Trees en octobre 2020, avec le premier album Trust No One (1).
La chanteuse et compositrice polonaise Izabela Izzy
Rekowska aka Izzy a formé le groupe en
2018 à Poznań, avec le guitariste Mariusz
Dojs,
le batteur Mateusz Pawlukiewicz et
le bassiste Łukasz Mazurowski.
Ensemble, le groupe compose une musique punk rock relevé et urgente, qui sent
le bitume urbain et la moisissure des caves humides. Liberate, premier extrait de ce 2ème album au titre qui en dit long Revolution Comes in Waves, nous a
annoncé la couleur dès le mois de juillet dernier : "Le personnage de Liberate représente une guerrière qui se
bat pour ses droits depuis des siècles et qui mène la même vieille bataille
ardue. En même temps, elle inspire d’autres femmes et donne l’espoir d’un
avenir meilleur". (Extrait de la page Bandcamp du single Liberate). Quand à Petty Crimes, le deuxième extrait de l’album,
Izzy a écrit un texte virulent sur le "climat social et politique dans les pays
où les élections gouvernementales sont falsifiées, des pays qui penchent de
plus en plus vers des régimes autoritaires plutôt que vers le respect de la
démocratie". (Extrait de la page Bandcamp du single Petty Crimes).
Avec
ses deux exemples et le titre de l’album Revolution
Comes in Waves, Izzy and the Black Trees revient
aux sources du punk rock pour dénoncer les injustices dans les décisions des
politiques vis à vis du peuple, des classes sociales, des minorités. Avec Izzy
en tête des troupes, la révolte est en marche ! Mais au lieu de prendre
des armes de défense qui ne feraient qu’envenimer les clivages vers plus de violence, Izzy utilise l’écriture et la musique.
Ainsi pour se faire comprendre au plus grand nombre, elle ne chante pas
en polonais, mais en anglais. Quant à la musique, elle est en rythme avec des
riffs bien aiguisés, bien coupants, histoire de nous garder éveillé et en alerte.
La voix d’Izzy a du coffre, du lyrisme,
digne des filles du rock, tels que Patti
Smith, PJ Harvey, Chrissie Hynde (The Pretenders) et Pat Benatar. Le morceau National
Tragedy, avec son phrasé proche du spoken word est un bon exemple, qui
montre bien la puissance vocale et corporel d’Izzy, portée par la musique des garçons en nage, qui peut évoquer
par moment le son frontal de Killing
Joke. La pochette de Revolution Comes in Waves, montre le
visage d’Izzy en transe, en jouissance
comme possédé par un acte sexuel, mais
encore plus par sa musique live, qui la fait monter au ciel pour faire jaillir
son besoin d’en découdre du monde actuel qui va mal. A l’heure de la pop music
de masse, diffusé vite fait via la multitude des réseaux sociaux, et aussi vite
oublié par la rapidité du clic de la souris ou du doigt, cela fait du bien d’écouter
une musique punk rock qui a des choses à raconter sans tomber dans le clicher. Avec
ce nouvel album, Izzy and the Black
Trees est encore plus énervé que sur le précédent opus Trust No One.
Normal, le monde ne s’est pas arrangé depuis 2020. Au contraire, c’est encore
pire (guerres, extrême droite au pouvoir, Brexit, violences faites aux femmes…).