vendredi 20 mai 2022

JOHN BARRY "The Tamarind Seed" (Silva Screen Records) – 23 avril 2022


 

Le label anglais Silva Scream Records a publié une très belle partition du compositeur John Barry, soit la B.O. du film The Tamarind Seed (Top Secret en VF) réalisé en 1974 par le grand Blake Edwards (The Party, La Panthère Rose). Les éditions CD et numérique sont disponibles depuis le 19 novembre 2021, et l’édition vinyle limitée à 2000 exemplaires numérotés est sortie lors du Record Store Day anglais du 23 avril 2022.  Comme d’habitude, Silva Scream fait les choses très bien, le son est irréprochable, la qualité d’impression du double vinyle en couleur est digne d’être posé sur les chaines stéréo de haute-fidélité. 


La particularité de cette B.O., c’est qu’elle était à ce jour totalement inédit, du moins de façon officiel, car il y a toujours des petits malins pour publier des disques sans demander les droits, ou suite à un refus. En 1974, lors de la sortie du film en salle, il n’y a pas eu de B.O., alors qu’il existait 26 morceaux composés pour ce film d’espionnage, par le célèbre John Barry, habitué du genre "espion" avec James Bond, l’agent 007. Malgré son joli casting, Omar Sharif et Julie Andrews, en 1974, Top Secret n’a pas eu de succès en France. Le phénomène Emmanuelle battait tous les records d’entrées. La vente du fauteuil modèle "Pomare" en osier ou rotin a dut également battre des records. Lors de la diffusion du film (en VF) sur Arte le 13 décembre 2020, Olivier Père en a dit le plus grand bien. Pour la séance de rattrapage, l’éditeur Elephant Film a publié en 2014 le film en DVD.

Synopsis: "Lors de ses vacances aux Antilles, Judith Farrow (Julie Andrews), une séduisante veuve qui travaille pour le Ministère des Affaires Étrangères britanniques, tombe éperdument amoureuse de Feodor Sverdlov (Omar Sharif), attaché militaire de l'ambassade soviétique à Paris. Cette histoire naissante inquiète au plus haut niveau leur hiérarchie respective qui soupçonne le couple de vivre une relation fictive. Essayant de prouver leur bonne foi, les deux amants découvrent involontairement qu'un agent double s'est infiltré dans les hautes sphères du pouvoir britannique, leurs vies sont désormais menacées."

Qu’on est vu le film ou pas (1), la partition de John Barry se suffit à elle-même. On y trouve sa patte romantique, avec des envolés de cordes à nous faire décoller vers les paradis perdus. Ses mélodies orchestrales sont raffinées à en donner des frissons. Le summum est atteint, quand on entend la voix de velours de Wilma Reading sur le morceau Play It Again. Là on fond littéralement sous le charme vocal de cette grande chanteuse de jazz, qui a notamment chanté dans l’orchestre de Duke Ellington. A noter qu’elle a également joué en 1979 au côté de l’acteur Jim Brown dans le film L’enfer du pacifique -Pacific Inferno-. Le morceau The End interprété par Danny Street, est également une jolie douceur suave dans la bonne tradition du style esay listening. Une touche d’exotica en prime sur Holliday Source Cue, histoire de nous faire voyager et illustrer le cadre paradisiaque des Caraïbes où se déroule l’intrigue à tiroir. Pour rappel, on est dans un film d’espionnage, avec ses fausses pistes et ses rebondissements récurrents. Inutile de s’étendre plus longtemps sur la plage à l’ombre d’un palmier, ce store de John Barry est une petite merveille enivrante des seventies, qui a toute sa place dans le confort d’un salon de notre époque 2022.

(1): Après la vision du film, il est clair qu’on n’est pas dans la cour qu’un film de la franchise James Bond 007. Ici l’histoire est lente, tout le monde surveille tout le monde, sur la longueur cela devient lassant. Pas de scène d’action, beaucoup de bavardage. Le jeu de séduction entre Omar Sharif et Julie Andrews avec sa coupe garçonne, est répétitif. Cela manque cruellement de pep's, de coup de feu, de chalenge et d’exotisme (le visuel de la pochette du disque est trompeur). Il faut attendre 110 minutes pour voir une explosion. Ce film est une romance sous fond d’espionnage en mode pépère. Le film Top secret, porte mal son titre français, a beaucoup vieilli, à l’inverse de la musique de John Barry, qui garde toute sa saveur liée aux seventies.

https://www.silvascreen.com/silcd1647-the-tamarind-seed/






jeudi 19 mai 2022

SPICE "Viv" (DAIS Records/Modulor) – 20 mai 2022

Le bleu infiniment grand de la nature et l’homme si petit dans cet environnement, la photo de la pochette du 2ème album titré Viv du groupe SPICE tape bien à l’œil ! SPICE est un groupe de Los Angeles qui s’est formé en 2018. Au sein du groupe il y a le chanteur Ross Farrar (également chanteur des groupes Ceremony et Crisis Man), le guitariste Ian Simpson (ex Creative Adult), le guitariste Mike Bingham (ex Creative Adult, No Sir), le bassiste Cody Sullivan (ex Live Long Tragedy, The Vibrating Antennas, Sabertooth Zombie), le batteur Jake Casarotti (également batteur dans le groupe Ceremony) et la violoniste Victoria Skudlarek. Comme on peut le constater, avant de former SPICE, les membres du groupe ont déjà mouillés leur chemise dans divers groupes d’alternatif rock. 

SPICE compose une musique indie rock, teinté de noise HC esprit 90 US, où l’on peut croiser, Sonic Youth, Fugazi, Yo La Tengo, Pixies, Seam, Superchunk, ainsi que les cinéastes Gus Van Sant et Hal Hartley.  La machine SPICE est bien rodé, de par le jeu bien rythmique porté par la voix solide et en chair de Ross qui n’est pas là pour jouer au yoyo ni à la belotte. La présence du violon dans certains morceaux, donne une touche singulière au style indie rock sous tension du groupe. En 30 minutes bien remplis, l’album Viv nous tient en suspension sur un fil électrique. Attention à l’électrocution, aux étincelles ! Normalement si la configuration des étoiles est en faveur de SPICE, il devrait faire un écho médiatique comme pour Idles, Fontaines D.C. et Shame. D’autant que l’album contient des tubes comme Recovery et Live Scene avec son riff à la Sonic Youth. Petit nota, à l’intérieur du disque, il y a un insert avec les textes des chansons, illustré d’une photo prise au Musée du Louvre, où l’on voit une foule devant la Joconde de Léonard de Vinci. Dans la foule Ross, le regard hilare nous salut. Cette photo reflète bien le côté « bon enfant » de ce groupe américain, profitant de notre absence, est prêt à mette du coca cola dans un verre de vin de grand cru. Bref, l’énergie positive de SPICE, fait plaisir à écouter, alors, prêt pour le grand bleu californien?

https://spiceispain.bandcamp.com/album/spice

https://www.facebook.com/spiceispain.band

https://www.daisrecords.com/collections/spice