dimanche 23 mai 2021

PHIL PACE "Rarities" (Autoproduction) – 21 mai 2021


Phil Pace découvre le rock tout jeune à Londres chez sa grand-mère en regardant la BBC. Ses premiers coups de cœurs sont les Kinks, les Beatles et Bob Dylan. Ces artistes seront le ciment pour Phil Pace dès qu’il se mettra à construire sa chapelle musicale. Son premier album, There’s A Place  voit le jour en 2007, suivi de Letters Memory (2011), Behind The Backyard (2014) et Written In The West en 2019. Son cinquième album, titré Rarities est en fait une compilation qui regroupe des morceaux inédits qui ont été publiés sur le label Disques Tchoc pour des compilations à thèmes (surf music, mods, chansons de noël), des tributes (Kinks, Ramones). Ainsi ce Rarities nous propose six originaux/versions alternatives, dont Dan Is A Punk Rocker qui imite le style des Ramones et quatre reprises, Victoria des Kinks, I Can’t Stand It de Lou Reed, Christmas Is All Around de Reg Presley (The Troggs), All Or Nothing des Small Faces. Malgré que les morceaux viennent de diverses sources étalés de 2016 à 2020, l’ensemble reste cohérent à l’écoute. Phil Pace compose une musique power pop et rock avec une touche d’americana plutôt sympathique. La pochette de Rarities où l’on voit une plage, une route surement aux states, reflète bien l’ambiance des morceaux entre classic rock, power pop, balades entre les villes et la campagne. A part une petite faiblesse sur la reprise Victoria, où la voix de Phil Pace n’est pas vraiment à sa place, mais comment faire mieux que la version punk, festive de The Fall, qui trotte encore dans notre tête, l’ensemble reste plaisant à écouter. L’envie de flâner nous guette au contact des compos de Phil Pace, soit l’anti confinement !


https://www.philpace.fr/

https://www.facebook.com/phil.pace.31


samedi 22 mai 2021

LIONESS SHAPE "Impermanence" (Laborie Jazz/Socadisc) – 7 mai 2021


 

Lioness Shape est un trio avec Manon Chevalier à la compo et au chant, Maya Cros aux claviers et Fender Rhodes et Ophélie Luminati à la batterie. Impermanence (quel joli mot) est le titre de leur premier album. J’aime beaucoup le texte du morceau Somos Tantas (en VF = On est si nombreuses) qui ouvre l’album. La traduction est sur leur site Internet. Je ne peux pas résister à vous le retranscrire ici : « Pour que les femmes soient plus que beauté et tranquillité. Pour qu’elles expriment leur art, et développent leur créativité. Pour qu’elles se rendent compte de cette force incroyable qu’elles ont en elles. Force qu’elles s’efforcent de réprimer chaque jour au nom de la beauté. Pour qu’elles peignent, pour qu’elles chantent, pour qu’elles dansent, pour qu’elles s’émancipent, pour qu’elles s’aiment, pour qu’elles s’amusent, pour qu’elles soient laides, pour qu’elles soient grosses, ridées, feignantes, libres, créatrices, indépendantes, folles, entreprenantes, naturelles, poilues, vieilles, confiantes. Pour celles qui sont mères, celles qui ne le sont pas, celles qui ont un sein en moins, celles qui sont bien dans leurs pompes, et celles qui n’y parviennent pas. Pour qu’elles sortent de cette dictature du beau qui nous fait taire. Pour qu’elles rompent ce silence violent et contre nature. Pour qu’elles s’éloignent du superficiel, et se concentrent sur l’essentiel. » (Somos Tantas)


Toute la musique de Lioness Shape illustre bien ce texte, avec la notion du BEAU (bizarre ? en référence au titre de l’album de Christophe) qui flotte tout au long des 10 morceaux. Ici les mélodies, les harmonies, arrangements sont au petit soin. Chaque son, chaque intervention des instruments est réglé comme une horloge suisse, digne des maestro du studio école Quincy Jones et Michel Legrand. Le mélange jazz, pop, bossa, trip hop est judicieusement bien dosé. C’est l’accord parfait entre ces trois femmes qui nous transmette leur soif de liberté, comme la longue chevelure de Manon Chevalier qui explose sur la pochette de l’album et les photos du dossier de presse. Le morceau Blue Wooden Chair illustre bien l’étendu musical du trio, avec ses 7 minutes d’évasion à fleur de peau, à donner le vertige à nos sens. Écouter ce morceau les yeux fermés, votre imaginaire n’en sera que plus beau. La définition du mot Impermanence est : « Caractère de ce qui n’est pas permanent, ne dure pas et change sans cesse ». C’est une belle métaphore qui colle très bien pour décrire la musique de Lioness Shape pour ce « change sans cesse », mais en gardant malgré tout une unité de couleur, une cohérence sonore. Bref, laissez-vous séduire par la proposition musicale de Lioness Shape, c’est du classieux, sans en faire des tonnes.

Photo @ Jean-Baptiste Millot

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